Écosystème · 06/09/2026

PIIEC IA : l'appel à projets ferme le 9 septembre à midi, le ticket d'entrée de 10 millions d'euros dépasse la levée moyenne d'une start-up des Hauts-de-France — et dans le PIIEC cloud de 2023, la région n'avait envoyé que ses laboratoires

L'appel à projets français du PIIEC sur l'intelligence artificielle ferme mardi 9 septembre 2026 à 12 h. Ses trois seuils — 100 M€, 10 M€, 4 M€ — sont ici rapportés aux 311,9 M€ levés en 2025 par cinquante entreprises des Hauts-de-France. Dans le précédent le plus proche, le PIIEC cloud de 2023, la région n'était présente que par Inria Lille et l'Université de Lille ; OVHcloud n'y figurait pas. Ce qu'un PIIEC finance, ce qu'il exige, et ce que l'exemple d'ACC à Billy-Berclau–Douvrin en dit déjà.

PIIEC IA : l'appel à projets ferme le 9 septembre à midi, le ticket d'entrée de 10 millions d'euros dépasse la levée moyenne d'une start-up des Hauts-de-France — et dans le PIIEC cloud de 2023, la région n'avait envoyé que ses laboratoires
Écosystème
L'appel à projets français du Projet important d'intérêt européen commun sur l'intelligence artificielle (PIIEC IA) ferme mardi 9 septembre 2026 à 12 h, heure de Paris, sur la plateforme de dépôt de Bpifrance. Lancé le 28 juillet par le Gouvernement au titre de France 2030, il sélectionne les entreprises et laboratoires français qui rejoindront un programme d'aides d'État coordonné par l'Allemagne et partagé avec dix-sept autres États membres. Le ticket d'entrée est écrit noir sur blanc : 100 millions d'euros de dépenses au minimum pour un « participant direct », 10 millions pour une entreprise « partenaire associé », 4 millions pour un organisme public de recherche. Ces trois chiffres méritent d'être lus depuis les Hauts-de-France. En 2025, les cinquante entreprises régionales qui ont levé des fonds ont réuni 311,9 millions d'euros à elles toutes, soit une levée moyenne de 6,1 millions — inférieure au seuil du partenaire associé. Et dans le précédent le plus proche, le PIIEC cloud autorisé par Bruxelles en décembre 2023, la région n'apparaissait dans la liste officielle des participants que par deux laboratoires, le centre Inria de Lille et l'Université de Lille. Aucune entreprise régionale. OVHcloud, dont le siège est à Roubaix, n'y figurait pas. Ce papier explique ce qu'est un PIIEC, ce qu'il a déjà changé dans le Pas-de-Calais avec les batteries, et ce qu'une entreprise ou un laboratoire des Hauts-de-France peut encore raisonnablement faire d'ici mardi midi — et surtout après.

L'essentiel en six faits datés

  • 26 novembre 2025 – 30 janvier 2026 : appel à manifestation d'intérêt de la Direction générale des Entreprises (DGE) pour repérer les projets français ; treize États membres engagés à l'époque, Allemagne coordinatrice.
  • Mars 2026 : « matchmaking » européen, réunion d'appariement entre porteurs de projets nationaux ; le communiqué du 28 juillet parle de travaux menés « de janvier à juin 2026 » avec dix-sept autres États membres.
  • 2 juillet 2026 : arrêté approuvant le cahier des charges de l'appel à projets ; 28 juillet : lancement public de l'appel.
  • 9 septembre 2026, 12 h : clôture des dépôts chez Bpifrance.
  • Seuils : 100 M€ de dépenses (participant direct, entreprise immatriculée en France), 10 M€ (entreprise partenaire associé), 4 M€ (organisme public de recherche partenaire associé).
  • Huit axes : modèles de fondation, cloud pour l'IA, efficacité énergétique, accès sécurisé aux données, IA en tant que service, cadres open source, intégration sectorielle, réseaux de télécommunications.

Sources : communiqué DGE du 28 juillet 2026, page de l'AMI PIIEC IA de la DGE, page de l'appel chez Bpifrance, FW.MEDIA du 4 août 2026. Constats arrêtés au 6 septembre 2026.

Ce qu'est un PIIEC, et pourquoi le Pas-de-Calais le sait déjà

Un PIIEC n'est pas une subvention européenne. C'est une autorisation que la Commission européenne accorde à des États membres de financer, sur leurs budgets nationaux et bien au-delà des plafonds habituels des aides d'État, des projets industriels jugés d'intérêt commun. En contrepartie, chaque entreprise doit démontrer une défaillance de marché, prouver que son projet ne serait pas rentable sans aide, et s'engager à diffuser ses résultats au reste de l'économie européenne. La DGE, dans son étude de janvier 2024 sur l'instrument, résume l'équilibre recherché : renforcer la politique industrielle de l'Union sans casser la concurrence sur le marché unique. Onze PIIEC dits « intégrés » ont été autorisés depuis 2018, pour un total d'aides et d'investissements privés que la Commission chiffre à 92,2 milliards d'euros. Les Hauts-de-France en connaissent un de très près. La gigafactory de batteries d'ACC à Billy-Berclau et Douvrin, inaugurée le 30 mai 2023, est le projet français du premier PIIEC batteries, autorisé le 9 décembre 2019. Le dossier de concertation publique d'ACC, déposé en mars 2021, en donne la mécanique financière avec une précision rare : 690 millions d'euros de contribution de l'État français au titre du PIIEC pour l'ensemble des activités d'ACC en France, 846 millions de financements publics français au total, et parmi les collectivités, 80 millions de la Région Hauts-de-France et 20 millions du syndicat intercommunal de la zone industrielle Artois-Flandres. Le financement public franco-allemand approchait 1,3 milliard sur un investissement de 5 milliards, soit 26 %. Le même dossier liste les contreparties, celles que le PIIEC IA imposera à ses lauréats sous une autre forme : publications scientifiques, financement de thèses — « au moins 5 thèses en cours pour une année donnée » —, diffusion des résultats vers des laboratoires nommément cités, dont le Laboratoire de réactivité et chimie des solides d'Amiens, et un rapport annuel d'activité sur ces engagements. C'est la grille de lecture à garder en tête : un PIIEC finance beaucoup, mais il oblige à partager.
PIIEC autoriséDateÉtats / entreprisesAides publiques autorisées (UE)dont FrancePrésence Hauts-de-France
Microélectronique18/12/20185 / 291,75 Md€0,3 Md€
Batteries09/12/20197 / 173,2 Md€1 Md€ACC, Billy-Berclau–Douvrin (gigafactory)
EuBatIn (batteries 2)26/01/202112 / 422,9 Md€0,1 Md€
Hy2Tech (hydrogène)15/07/202215 / 415,4 Md€1,6 Md€
Hy2Use (hydrogène)21/09/202213 / 355,2 Md€0,3 Md€
ME/CT (microélectronique 2)08/06/202314 / 568,1 Md€1 Md€
Cloud (CIS)05/12/20237 / 191,2 Md€40 M€Inria Lille – Nord Europe, Université de Lille (partenaires indirects)

Source : DGE, « Les Thémas » n° 17, janvier 2024, tableau 1 (PIIEC autorisés à décembre 2023) ; liste des participants du PIIEC cloud publiée par la Commission européenne ; dossier de concertation ACC. La colonne « Présence Hauts-de-France » ne recense que les participations vérifiées par la rédaction dans des documents officiels : un tiret signifie « non vérifié », pas « aucune ». Les PIIEC santé (Med4Cure, Tech4Cure) et hydrogène 3 et 4, postérieurs au tableau de la DGE, n'y figurent pas.

Le précédent qui compte : dans le PIIEC cloud de 2023, la région n'a envoyé que ses laboratoires

Le PIIEC le plus proche du PIIEC IA n'est pas celui des batteries, c'est celui du cloud et de l'edge computing, autorisé par la Commission le 5 décembre 2023 : 19 entreprises de sept États membres, 1,2 milliard d'euros d'aides publiques et 1,4 milliard d'investissements privés attendus. La France y compte deux participants directs, Orange et Atos, et une enveloppe d'aides autorisées de 40 millions d'euros — quarante fois moins que pour l'hydrogène, vingt-cinq fois moins que pour les batteries, selon le tableau de la DGE. La liste officielle des participants, publiée par la direction générale de la Concurrence de la Commission, distingue les participants directs des « partenaires indirects ». Dans cette seconde catégorie, deux noms viennent des Hauts-de-France : Inria Lille – Nord Europe et l'Université de Lille. Ils y côtoient Amadeus, CGI France, plusieurs laboratoires du CNRS, l'Institut Imagine ou Provenrun. Aucune entreprise ayant son siège dans la région n'y apparaît. OVHcloud, l'un des principaux fournisseurs de cloud européens, dont le siège est à Roubaix, n'est ni participant direct ni partenaire indirect — L'Usine Nouvelle titrait, le jour de l'autorisation, sur un PIIEC cloud « avec Orange et Atos… mais sans OVHcloud ». La rédaction n'a pas sollicité OVHcloud sur ses intentions pour le PIIEC IA ; l'entreprise n'a rien publié à ce sujet à notre connaissance au 6 septembre. Ce précédent dit deux choses. D'abord, que les Hauts-de-France ont déjà un pied dans la chaîne de valeur numérique des PIIEC, mais par la recherche publique, pas par l'industrie. Ensuite, que le statut de partenaire indirect — rebaptisé « partenaire associé » dans l'appel à projets de 2026 — est la porte par laquelle la région est entrée la dernière fois. Le seuil de 4 millions d'euros de dépenses pour un organisme public de recherche est, de très loin, le plus accessible des trois. Pour un laboratoire lillois ou amiénois qui travaille sur l'efficacité énergétique de l'inférence, l'apprentissage fédéré ou les données industrielles, c'est le chemin déjà emprunté.
Webinaire de présentation du PIIEC « Intelligence artificielle » par la Direction générale des Entreprises, 10 décembre 2025 (lancement de l'appel à manifestation d'intérêt). Source officielle, en français. Le support de présentation est téléchargeable sur la page de l'AMI de la DGE.

Trois seuils, lus à l'échelle des levées de fonds régionales

L'agence régionale de développement Hauts-de-France Innovation Développement (HDFID) publie chaque année un baromètre des levées de fonds. Celui de 2025, mis en ligne le 9 mars 2026, donne la mesure du tissu que l'appel à projets vise : 50 entreprises ont levé des fonds, pour 311,898 millions d'euros au total et une levée moyenne de 6,1 millions. Ces entreprises emploient 17 salariés en moyenne ; 80 % sont des TPE ; six seulement comptent entre 50 et 100 salariés ; 38 sur 50 sont dans la Métropole européenne de Lille. Le baromètre note, sans détour, qu'« on ne retrouve pas en Hauts-de-France le gap attendu sur l'IA et donc dans le digital ».
Statut viséAssiette minimale de dépensesRapporté aux Hauts-de-France (baromètre HDFID 2025)Lecture
Participant direct (entreprise immatriculée en France)100 M€32 % de tout ce que les 50 entreprises régionales ont levé en 2025 (311,9 M€) ; 16 fois la levée moyenneRéservé, de fait, à des groupes ou à des filiales de groupes. Aucune start-up régionale n'a la surface seule.
Partenaire associé (entreprise)10 M€1,6 fois la levée moyenne régionale (6,1 M€) ; supérieur à la taille de la plupart des tours de table 2025Accessible à une PME ou une ETI industrielle qui adosse ses dépenses de R&D à un consortium — pas à une jeune pousse isolée.
Partenaire associé (organisme public de recherche)4 M€Ordre de grandeur d'un projet pluriannuel de laboratoireLa voie déjà empruntée par Inria Lille et l'Université de Lille dans le PIIEC cloud.

Sources : seuils publiés sur la page de l'appel chez Bpifrance et rapportés par FW.MEDIA (4 août 2026) ; baromètre HDFID des levées de fonds 2025 (9 mars 2026). Les ratios sont calculés par la rédaction ; une « assiette de dépenses » n'est pas une levée de fonds, la comparaison sert d'ordre de grandeur, pas d'équivalence.

Il faut être précis sur ce que mesure la comparaison. Une assiette de dépenses de 10 millions d'euros s'étale sur plusieurs années et peut agréger salaires de chercheurs, calcul, prototypes et premier déploiement ; elle n'a pas à être levée d'un coup. Mais elle doit être crédible dans un plan d'affaires que l'administration puis la Commission vont éplucher. Une entreprise de 17 salariés, la taille moyenne du baromètre, ne porte pas seule 10 millions de dépenses de R&D sur un projet ; elle peut en revanche apporter une brique à un consortium mené par un industriel ou un opérateur, et compter ses propres dépenses dans l'assiette de celui-ci. C'est exactement le rôle que la DGE décrivait dans son webinaire de décembre 2025 en citant, parmi les acteurs recherchés, les « fournisseurs de briques technologiques spécialisées pour un secteur applicatif (PME et ETI industrielles) ».

Deux guichets pour deux échelles : « Osez l'IA » n'est pas le PIIEC, et inversement

Le calendrier a placé, à six jours d'intervalle, deux communiqués de la même direction ministérielle qui décrivent deux mondes. Le 3 septembre, à Bercy, la ministre déléguée chargée de l'IA et du Numérique, Anne Le Hénanff, a tiré le bilan d'un an du plan « Osez l'IA » : 35 000 entreprises sensibilisées, 615 « Ambassadeurs IA », 88 offreurs de solutions référencés, et 70 « Diagnostics Data IA » engagés — une prestation de huit jours-hommes prise en charge à 40 % par France 2030, dont le Gouvernement annonce vouloir déployer 1 000 exemplaires. Le 9 septembre ferme un appel dont le premier barreau est à 4 millions d'euros. Ce n'est pas une contradiction, c'est une échelle. Une PME des Hauts-de-France qui veut utiliser l'IA — automatiser un devis, trier des courriels, prédire une panne — relève du premier guichet, dont nous avons détaillé les dispositifs en juillet. Le PIIEC s'adresse à ceux qui fabriquent la brique que d'autres utiliseront : un modèle spécialisé pour un secteur, une méthode d'entraînement plus sobre, une plateforme de données industrielles partagées, un service d'inférence. FW.MEDIA le formule sans ambiguïté : une entreprise qui souhaite acheter un outil d'IA ou intégrer un modèle existant « devra plutôt se tourner vers les dispositifs d'adoption ».
Les porteurs de projets devront démontrer le caractère incitatif de leur plan, une forte composante d'innovation au-delà de l'état de l'art, des retombées concrètes et chiffrées pour le territoire national en matière d'emplois, d'investissements et de structuration de filière, ainsi qu'une diffusion large des connaissances à l'échelle du marché intérieur européen.

Ce que l'aide couvre vraiment, et ce qu'elle peut reprendre

Le montant de l'aide n'est pas un pourcentage. Dans le cadre juridique des PIIEC, l'État calibre le soutien pour combler le « déficit de financement » du projet : l'entreprise doit présenter un scénario sans aide dont la valeur actualisée nette est négative, et l'aide ramène cette valeur à l'équilibre, sans aller au-delà. En théorie, elle peut couvrir la totalité des coûts éligibles ; en pratique, elle dépend du plan d'affaires, des revenus attendus et du coût du capital retenu. La documentation financière pèse donc autant que le dossier technique. Deux clauses méritent d'être lues avant de signer. La première est le retour à meilleure fortune : si le projet devient nettement plus rentable que prévu, l'État peut récupérer une partie de l'aide. Sous-estimer ses revenus pour gonfler le déficit de financement expose donc à un remboursement. La seconde est la diffusion obligatoire : publications, thèses, licences à conditions équitables, raisonnables et non discriminatoires (FRAND) sur les résultats brevetés, ouverture de lignes pilotes ou d'infrastructures à des PME et des laboratoires pendant le premier déploiement industriel. Ce que ACC a écrit en 2021 pour ses cellules de batteries — thèses, publications, rapport annuel — un lauréat du PIIEC IA devra l'écrire pour ses modèles, ses jeux de données ou ses services d'inférence. Enfin, le périmètre : le PIIEC finance la recherche-développement et le premier déploiement industriel, pas la production de masse. Un porteur doit découper son programme en quatre phases — R&D, prototypes et démonstrateurs, premier déploiement, industrialisation — et ne mettre dans l'assiette que les trois premières. Pour un service d'IA, la frontière entre « premier déploiement » et « exploitation commerciale » est moins nette que pour une usine ; c'est un point que les dossiers devront trancher explicitement.
Inauguration de la gigafactory ACC de Billy-Berclau–Douvrin (Pas-de-Calais), 30 mai 2023 — projet français du premier PIIEC batteries, autorisé le 9 décembre 2019. Source : ACC, communication institutionnelle de l'entreprise, à regarder comme telle. En français.

Après mardi midi : une procédure qui se compte en années

Le dépôt du 9 septembre n'ouvre droit à rien. Les projets retenus par la France devront être intégrés à l'architecture européenne du PIIEC, instruits par les administrations nationales, prénotifiés puis notifiés à la Commission, qui rend une décision d'autorisation avant que les États ne contractualisent et ne versent. La DGE, dans son étude de 2024, décrit une chronologie indicative en plusieurs étapes ; sur les précédents PIIEC, plus de deux ans ont pu séparer l'émergence politique du programme des premiers versements. Le PIIEC IA a été lancé par treize États en novembre 2025 ; ils sont dix-huit aujourd'hui. Aucune date d'autorisation n'est publiée. Pour les Hauts-de-France, ce calendrier a une conséquence pratique : le PIIEC IA n'est pas une source de trésorerie pour 2027, c'est un positionnement pour 2028 et au-delà. Il s'articule avec des dossiers régionaux déjà ouverts et beaucoup plus rapides — l'appel d'offres européen des gigafactories d'IA, les projets de centres de données annoncés dans la région, ou la question de la place d'OVHcloud dans la chaîne d'inférence après le rachat de Hugging Face par Nvidia. Un PIIEC sert à financer ce que ces infrastructures feront tourner : les modèles, les données, les services.

Cinq questions à se poser avant mardi midi — ou pour la prochaine fois

  • Fabriquez-vous une brique, ou l'utilisez-vous ? Un modèle, une méthode, une plateforme, un service que d'autres entreprises européennes pourront reprendre relève du PIIEC. Un déploiement interne, aussi ambitieux soit-il, relève d'« Osez l'IA », d'IA Booster ou d'un appel à projets régional.
  • Dans quel consortium ? Le communiqué du 28 juillet insiste sur des « collaborations transfrontalières effectives ». Une PME régionale qui n'a pas participé à l'appariement de mars 2026 peut encore déposer, mais elle a intérêt à rejoindre un participant direct déjà identifié plutôt qu'à porter seule un projet. La liste des participants du PIIEC cloud donne une idée du type de partenaires qui existent.
  • Votre assiette de dépenses tient-elle sur trois phases ? R&D, prototypes, premier déploiement industriel. Ce qui relève de la vente courante n'entre pas dans les 10 millions.
  • Que pouvez-vous ouvrir ? Publications, thèses CIFRE, licences FRAND, accès à une infrastructure de test. Ces engagements se budgètent dès le dossier ; ils ne s'ajoutent pas après l'autorisation.
  • Si ce n'est pas pour cette fois, pour quand ? Le PIIEC IA aura, comme les batteries et l'hydrogène, des vagues successives. Un laboratoire ou une PME des Hauts-de-France qui n'est pas prête le 9 septembre peut utiliser les deux prochaines années à construire le partenariat européen que le dossier exigera.

Ce que nous ne savons pas

  • Le cahier des charges intégral. L'arrêté du 2 juillet 2026 et son annexe sont publiés sur Légifrance, que nos outils n'ont pas pu consulter (accès refusé). Les seuils et les critères cités proviennent de la page Bpifrance de l'appel et de la lecture qu'en a faite FW.MEDIA ; toute clause de détail doit être vérifiée dans le texte officiel.
  • Le nombre de dossiers français reçus à l'AMI de janvier 2026 et le nombre de projets emmenés à l'appariement européen de mars. La DGE n'a rien publié de chiffré.
  • La participation régionale à cet appariement. Nous n'avons trouvé aucune communication d'une entreprise ou d'un laboratoire des Hauts-de-France indiquant sa candidature au PIIEC IA. Cela ne signifie pas qu'il n'y en a pas : les candidatures ne sont pas publiques.
  • L'enveloppe française. Le communiqué du 28 juillet ne chiffre pas les aides que la France entend notifier pour le PIIEC IA. Le précédent cloud (40 M€) et le précédent batteries (1 Md€) bornent un intervalle très large.
  • Les intentions d'OVHcloud, seul acteur régional dont la taille correspond au statut de participant direct. L'entreprise n'a pas été sollicitée par la rédaction et n'a rien publié à notre connaissance.

Questions fréquentes

Une PME des Hauts-de-France peut-elle candidater au PIIEC IA avant le 9 septembre 2026 ?

Oui, l'appel est ouvert à « l'ensemble des entreprises françaises souhaitant porter un projet », même celles qui n'ont pas participé à l'appel à manifestation d'intérêt de janvier 2026. Mais le statut réaliste pour une PME est celui de partenaire associé, avec une assiette minimale de dépenses de 10 millions d'euros sur la durée du projet, au sein d'un consortium européen. Une PME isolée qui veut simplement adopter l'IA relève des dispositifs « Osez l'IA » ou IA Booster, pas du PIIEC.

Quelle est la différence entre participant direct et partenaire associé ?

Le participant direct porte un projet central, sollicite une aide importante, coordonne des travaux transfrontaliers et doit présenter au moins 100 millions d'euros de dépenses ; il doit être immatriculé en France. Le partenaire associé apporte une brique technologique, une plateforme de recherche ou un cas d'usage, avec un seuil de 10 millions d'euros pour une entreprise et de 4 millions pour un organisme public de recherche. Dans le PIIEC cloud de 2023, Inria Lille et l'Université de Lille avaient ce second statut, alors appelé « partenaire indirect ».

Un PIIEC, c'est de l'argent européen ?

Non. L'argent vient des budgets nationaux — en France, de France 2030, opéré ici par Bpifrance. Ce que l'Union apporte, c'est une autorisation de la Commission européenne permettant de dépasser les plafonds habituels des aides d'État, en échange d'une démonstration de défaillance de marché, d'un effet incitatif et d'engagements de diffusion des résultats.

Quand les lauréats toucheront-ils l'aide ?

Pas avant l'autorisation de la Commission européenne, qui suit la sélection nationale, l'intégration au projet européen, une prénotification et une notification formelle. Sur les précédents PIIEC, plus de deux ans ont pu s'écouler entre le lancement politique et les premiers versements. Aucune date n'est publiée pour le PIIEC IA.

Que s'est-il passé pour les Hauts-de-France dans les précédents PIIEC ?

Dans le PIIEC batteries de 2019, ACC a construit à Billy-Berclau et Douvrin la première gigafactory française, avec 690 millions d'euros de l'État au titre du PIIEC pour l'ensemble de ses activités en France et 80 millions de la Région. Dans le PIIEC cloud de 2023, la région n'est présente que par deux laboratoires, Inria Lille et l'Université de Lille, comme partenaires indirects ; aucune entreprise régionale, OVHcloud compris, ne figure dans la liste officielle des participants.

Point d'étape

Synapse reviendra sur ce dossier à la publication des résultats de la sélection française, ou à la première communication d'un acteur des Hauts-de-France sur sa candidature. Les entreprises et laboratoires régionaux qui déposent un dossier peuvent nous l'indiquer via la page de contact du site ; nous ne publierons rien sans leur accord.

Sources et méthode

Constats arrêtés au 6 septembre 2026. Les ratios entre seuils du PIIEC et levées de fonds régionales sont calculés par la rédaction à partir du baromètre HDFID ; ils comparent une assiette de dépenses pluriannuelle à des levées de fonds annuelles et valent comme ordre de grandeur. La liste des participants du PIIEC cloud a été lue dans l'infographie officielle de la Commission européenne. Le cahier des charges de l'appel (Légifrance) n'a pas pu être consulté par nos outils ; les seuils proviennent de la page Bpifrance et de FW.MEDIA. Aucune sollicitation directe de la DGE, de Bpifrance, d'OVHcloud, d'Inria ou de l'Université de Lille n'a été faite pour cet article.

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— Fin de l'article · #PIIEC-IA · 06/09/2026 —