L'essentiel en sept faits datés
- 3 août 2026 — le gouverneur du Texas demande un audit de tous les data centers de la file d'attente d'ERCOT ; le gestionnaire décale son étude de planification dite Batch Zero.
- 1er septembre 2026 — Reuters chiffre à plus de 700 GW les demandes des très gros consommateurs sur une partie du Midwest, du Mid-Atlantic et du Sud des États-Unis.
- 4 février 2026 — la CRE approuve la nouvelle procédure de raccordement de RTE et lui demande de la saisir au plus tard le 1er octobre 2026 d'une évolution intégrant la maturité des projets.
- 3 juillet 2026 — RTE annonce que le principe du « premier prêt, premier servi » remplacera d'ici la fin 2026 celui du « premier arrivé, premier servi ».
- Mai 2026 — RTE avait réservé près de 18 GW pour environ 80 projets, contre une quarantaine de projets et 5 GW fin 2024.
- Hauts-de-France — environ 6 GW de capacité réservée et trois des cinq sites « fast track » du pays.
- Constat de RTE — les data centers raccordés depuis deux à trois ans ne consomment en moyenne que 20 % de la puissance demandée.
Ce que le Texas a gelé, et pourquoi ce n'est pas une histoire américaine
Le 3 août 2026, Greg Abbott a écrit au président de la Public Utility Commission of Texas et au directeur général d'ERCOT pour demander un audit complet des projets de data centers en file d'attente. L'audit porte sur trois questions très concrètes, listées dans la lettre : le projet apporte-t-il sa propre production électrique ou dépend-il du réseau ; apporte-t-il et recycle-t-il sa propre eau, ou puise-t-il dans celle des communes ; et bénéficie-t-il d'aides publiques, exonérations ou subventions. La consigne est sans ambiguïté : tout projet qui ne se soumet pas à la vérification doit être refusé. Ce que Reuters ajoute le 1er septembre, c'est la démonstration que la demande se dégonfle dès qu'on la fait payer. Aux États-Unis, Exelon a réduit d'environ 40 % son estimation de demande à forte probabilité, à 11 GW, après avoir durci ses exigences de garanties financières. Dans l'Ohio, le portefeuille de demandes d'AEP Ohio a diminué de plus de moitié après l'adoption de règles imposant notamment des frais d'étude de raccordement pouvant atteindre 100 000 dollars. La demande fantôme n'est pas une opinion : c'est un écart mesuré entre ce qu'on réserve gratuitement et ce qu'on réserve à ses frais.Le même phénomène en France, mais dans un rapport d'échelle très différent
La France connaît la même vague. Selon la page de référence de RTE mise à jour le 1er juin 2026, le pays est passé d'une quarantaine de projets de data centers et environ 5 GW fin 2024 à près de 80 projets et quelque 18 GW de capacité réservée en mai 2026. La puissance totale recherchée par la filière est estimée à 28,6 GW. La majorité des projets visent 100 à 200 MW — l'équivalent d'une ville comme Le Mans ou Saint-Étienne — et une dizaine de dossiers hors normes dépassent 400 MW. Le rapprochement des deux files d'attente, texane et française, n'a été publié nulle part. Nous le posons ici, et il change la lecture du dossier. Le chiffre qui compte n'est pas la valeur absolue en gigawatts : c'est le rapport entre ce qui est demandé et ce que le réseau porte déjà.| Grandeur | Texas (ERCOT) | France (RTE) |
|---|---|---|
| Demandes de raccordement des très gros consommateurs | plus de 474 GW (dont 90 % de data centers) | 28,6 GW recherchés par la filière data center ; 33 GW pour plus de 200 projets industriels tous secteurs |
| Capacité effectivement réservée | non publiée sous cette forme | près de 18 GW pour environ 80 projets (mai 2026) |
| Comparaison revendiquée par les autorités | plus de 5 fois le record de pointe de l'État | demande industrielle en attente équivalente à près de 3 fois la consommation actuelle de toute l'industrie française |
| Réponse publique | gel des nouveaux raccordements et audit (3 août 2026) | tri par la maturité : « premier prêt, premier servi » d'ici fin 2026 |
| Part du numérique dans la consommation nationale | — | environ 2 % aujourd'hui (~10 TWh), 3 % projetés en 2030, 4 % en 2035 |
Sources : lettre du gouverneur Abbott relayée par Utility Dive (5 août 2026), analyse Reuters du 1er septembre 2026, page « Les data centers en chiffres clés » de RTE (mise à jour du 1er juin 2026) et actualité RTE du 3 juillet 2026. Le rapprochement des deux colonnes est de notre fait ; aucune des sources consultées ne les publie côte à côte. Les deux files d'attente ne se comparent pas terme à terme : elles ne recensent pas les mêmes catégories de demandeurs.
Les Hauts-de-France, territoire le plus exposé du pays
La géographie française de ce dossier tient en deux régions. L'Île-de-France concentre environ 7 GW de capacité réservée, portée par le cloud d'entreprise à proximité des sièges sociaux. Les Hauts-de-France en concentrent environ 6 GW, grâce à la proximité des grandes capitales européennes et à la présence d'un acteur historique, OVH. À eux deux, ces territoires portent donc environ 13 des 18 GW réservés, soit près des trois quarts. La région accueille en outre trois des cinq sites « fast track » identifiés par l'État et RTE à la suite de Choose France 2025 — les deux autres étant en Île-de-France. À la date de Choose France 2026, quatre de ces cinq sites avaient été attribués à des opérateurs présentant, selon RTE, « toutes les garanties de capacité technique et financière ». Le projet le plus documenté est celui de Bouchain, dans le Nord : le 30 mai 2026, EDF a annoncé avoir retenu SoftBank Group comme attributaire pressenti pour un data center de 400 MW sur son ancienne centrale thermique, sous bail à construction.Le détail que le communiqué d'EDF permet de comprendre
Le communiqué du 30 mai précise qu'une phase de due diligence est ouverte : études techniques, environnementales et administratives, promesse de bail signée pendant cette phase, bail définitif conclu seulement à l'obtention des autorisations. Autrement dit, au 3 septembre 2026, le projet de Bouchain n'est pas un data center en construction : c'est un projet en instruction, sur un site qui a un avantage rare — il est déjà relié à l'ossature à très haute tension.
C'est précisément ce que le nouveau régime de file d'attente cherche à distinguer : un site déjà raccordable et un porteur qui engage des frais ne sont pas dans la même catégorie qu'une réservation de puissance sur un terrain non maîtrisé.
La méthode française : ce qui filtre déjà, et ce qui manque encore
Contrairement au Texas, la France n'a pas gelé les raccordements. Elle a mis des péages. La procédure de traitement des demandes de raccordement au réseau public de transport, approuvée par la CRE dans sa délibération n° 2026-32 du 4 février 2026, impose une série de conditions qui coûtent de l'argent et du temps à chaque étape. Les voici, telles qu'elles figurent dans le texte.- 42 000 € HT versés au dépôt de la demande de proposition technique et financière (PTF), déduits du premier acompte en cas d'acceptation.
- Un calendrier prévisionnel obligatoire dès la demande : date de décision d'investissement, dates de début et de fin de travaux, date de mise en service, dates de dépôt et d'obtention de l'autorisation environnementale et du permis de construire lorsqu'ils sont requis.
- Pour entrer en file d'attente : un justificatif de maîtrise foncière de la parcelle destinée à accueillir le point de raccordement, une preuve d'avancement du projet ou, à défaut, 1 000 € par MW demandé, et le versement du premier acompte.
- Pour rester en file d'attente : un justificatif d'avancement chaque année, ou à défaut les 1 000 € par MW, deux fois au maximum, et la démonstration annuelle que la maîtrise foncière tient toujours.
- Le délai de raccordement prévu par la PTF peut être révisé si le porteur n'a pas respecté le calendrier qu'il avait lui-même transmis.
Cette pratique est un contournement de l'esprit initial de la règle « premier arrivé, premier servi » censée représenter un état d'avancement des projets.La réponse retenue pour ce cas précis est un plafond : un même opérateur ne peut recevoir en première position que 20 % des postes concernés par une même publication, arrondi à l'entier supérieur — trois postes sur quatorze dans le cas d'octobre 2025. C'est un correctif ponctuel, réservé aux zones à gabarit et au stockage. La réforme d'ensemble, elle, est encore devant nous.
L'échéance que personne n'a reliée à l'actualité : le 1er octobre 2026
C'est la conclusion de la délibération du 4 février, et c'est le jalon le plus concret de tout ce dossier. La CRE « demande à RTE de mener cette consultation dans les meilleurs délais et de la saisir au plus tard le 1er octobre 2026 d'une première évolution de la procédure intégrant une meilleure prise en compte de la maturité des projets ». Au 3 septembre 2026, il reste vingt-huit jours. Aucune des couvertures francophones du gel texan n'a mentionné cette date. Ce que RTE a annoncé, le 3 juillet 2026, donne la direction : d'ici la fin de l'année, le principe du « premier prêt, premier servi » prendra le pas sur celui du « premier arrivé, premier servi », « afin de favoriser les projets les plus avancés ». Les critères de maturité évoqués sont la sécurisation du foncier, l'obtention de garanties financières et les premières commandes d'équipements. La même publication annonce trois autres chantiers, dont deux concernent directement notre région.| Chantier annoncé par RTE le 3 juillet 2026 | Contenu | Effet pour les Hauts-de-France |
|---|---|---|
| « Premier prêt, premier servi » | bascule d'ici fin 2026 ; saisine de la CRE au plus tard le 1er octobre | réordonne une file d'attente régionale d'environ 6 GW |
| Zones « prêtes à raccorder » industrialo-portuaires | +9 GW d'ici 2029, capacité d'accueil triplée, sur Dunkerque, Le Havre et Fos | Dunkerque est nommément citée : sidérurgie décarbonée, batteries, numérique |
| Zones industrielles de taille intermédiaire | +5 GW répartis sur cinq zones | Valenciennes-Maubeuge figure dans la liste des cinq |
| Raccordements « fast track » | lancement d'ici fin 2026 pour cinq projets de 700 à 2 000 MW, horizon 2028-2029 | trois des cinq sites identifiés sont en Hauts-de-France |
Source : RTE, « Réussir l'électrification de la France », 3 juillet 2026. La colonne de droite est notre lecture régionale de l'annonce.
Ce que ça change pour une PME ou une ETI des Hauts-de-France
La tentation est de considérer ce dossier comme une affaire de géants. C'est une erreur de lecture, pour trois raisons très concrètes.- Vous êtes dans la même file. Les 33 GW de projets industriels en attente de raccordement haute tension recensés par RTE ne sont pas que des data centers : on y trouve aussi de l'hydrogène et de l'industrie lourde. Un site de production qui s'électrifie, un entrepôt qui installe des bornes de recharge de flotte, une usine qui remplace un four gaz par un four électrique entrent dans le même processus. Le tri par la maturité les avantage — à condition de savoir produire les pièces demandées.
- Les pièces sont connues à l'avance. Maîtrise foncière, calendrier daté, décision d'investissement, dépôt des autorisations : ce sont les critères écrits de la procédure en vigueur, pas des usages officieux. Une entreprise qui prépare ces éléments avant de déposer sa demande ne gagne pas un passe-droit ; elle évite simplement de perdre son rang faute de justificatif annuel.
- La localisation devient un paramètre. Avec +9 GW annoncés sur les pôles industrialo-portuaires et +5 GW sur cinq zones intermédiaires, dont Valenciennes-Maubeuge, la disponibilité électrique cesse d'être uniforme sur le territoire régional. Pour un projet d'implantation ou d'extension, la question « quelle capacité de raccordement, à quelle échéance, sur cette commune » devient aussi structurante que le prix du foncier.
Trois questions à poser avant d'engager un projet électro-intensif
- Le site visé relève-t-il du réseau de distribution (Enedis ou une régie) ou du réseau de transport (RTE) ? Le seuil change la procédure, les délais et les montants.
- Une étude exploratoire a-t-elle été demandée ? La procédure en prévoit une, facultative, qui fournit en six semaines une estimation de faisabilité, de coût et de délai, sans engager le gestionnaire. La CRE encourage explicitement à passer par là plutôt que d'engorger l'instruction des PTF.
- Le calendrier transmis est-il tenable ? Il n'est pas déclaratif : ne pas le respecter peut faire réviser le délai de raccordement inscrit dans la proposition technique et financière.
Ce que nous ne savons pas
- La ventilation régionale précise des 18 GW. RTE publie « environ 6 GW » pour les Hauts-de-France et « environ 7 GW » pour l'Île-de-France, sans détail par projet ni par département. Nous n'avons pas pu établir la part de ces 6 GW qui correspond aux trois sites de SoftBank.
- Le contenu de la saisine du 1er octobre. La consultation publique de RTE sur la réforme des files d'attente était en cours ; ses conclusions n'étaient pas publiées à la date de cet article. Nous ignorons quels critères de maturité seront finalement retenus, et s'ils s'appliqueront aux demandes déjà instruites.
- L'existence d'une demande fantôme mesurée en France. Le taux de 20 % publié par RTE porte sur la consommation effective des data centers déjà raccordés, ce qui n'est pas la même chose qu'un taux d'abandon de projets. Aucun chiffre public ne dit combien des 80 projets recensés ne verront pas le jour.
- L'état d'avancement réel du dossier de Bouchain au 3 septembre 2026 : ni EDF, ni SoftBank, ni RTE n'ont publié de point d'étape depuis le communiqué du 30 mai.
- Le volet eau. L'audit texan place la ressource en eau au même niveau que l'électricité. Aucun équivalent français n'existe à ce jour à l'échelle d'une file d'attente.
- Les sollicitations. Ni RTE, ni la CRE, ni la Région Hauts-de-France, ni EDF n'ont été sollicités pour cet article, qui repose exclusivement sur des sources publiées.
Questions fréquentes
Qu'est-ce que la « demande fantôme » de raccordement ?
C'est le fait, pour un porteur de projet, de déposer une ou plusieurs demandes de raccordement électrique afin de prendre rang dans la file d'attente, sans client final identifié ni financement bouclé. Le coût d'entrée étant faible au regard de l'enjeu, la file se remplit de réservations qui ne deviendront jamais des installations. Le Texas a gelé ses nouveaux raccordements le 3 août 2026 pour trier ces dossiers. En France, RTE constate que les data centers raccordés depuis deux à trois ans ne consomment en moyenne que 20 % de la puissance qu'ils avaient demandée.
La France va-t-elle geler les raccordements comme le Texas ?
Rien dans les publications de RTE ou de la CRE ne va dans ce sens au 3 septembre 2026. La méthode retenue est différente : filtrer par des conditions financières et documentaires à l'entrée et au maintien dans la file d'attente, puis basculer d'ici fin 2026 du « premier arrivé, premier servi » au « premier prêt, premier servi ». RTE estime par ailleurs que la production française est suffisante et que si la moitié des projets industriels en attente se réalisait, les objectifs de décarbonation pourraient être atteints.
Que se passe-t-il le 1er octobre 2026 ?
Ce n'est pas une date d'entrée en vigueur, mais une date de dépôt. Dans sa délibération n° 2026-32 du 4 février 2026, la CRE demande à RTE de la saisir au plus tard le 1er octobre 2026 d'une première évolution de la procédure de raccordement intégrant une meilleure prise en compte de la maturité des projets. Le texte devra ensuite être approuvé par la CRE avant de s'appliquer.
Combien de capacité est réservée dans les Hauts-de-France ?
Environ 6 GW, selon la page de référence de RTE mise à jour le 1er juin 2026, sur un total national de près de 18 GW réservés pour quelque 80 projets en mai 2026. La région accueille en outre trois des cinq sites « fast track » identifiés par l'État et RTE. Attention à la lecture de ce chiffre : réserver de la puissance n'est pas la consommer, et RTE estime qu'il faudra dix à quinze ans aux opérateurs pour atteindre environ 80 % de la consommation correspondant à la puissance demandée.
Une PME concernée par un projet d'électrification est-elle affectée ?
Oui, indirectement mais réellement. Les projets industriels en attente de raccordement au réseau haute tension représentent plus de 200 dossiers et près de 33 GW, data centers compris : c'est la même file. Le passage au « premier prêt, premier servi » avantage les projets qui peuvent produire une maîtrise foncière, un calendrier daté et des preuves d'avancement. Par ailleurs, RTE annonce +9 GW de capacité d'ici 2029 sur les pôles industrialo-portuaires dont Dunkerque, et +5 GW sur cinq zones intermédiaires dont Valenciennes-Maubeuge.
Sources
- RTE — « Les data centers en chiffres clés », mise à jour du 1er juin 2026 (18 GW réservés, 80 projets, 6 GW en Hauts-de-France, cinq sites fast track, taux de 20 %).
- RTE — « Réussir l'électrification de la France », 3 juillet 2026 (33 GW, « premier prêt, premier servi », +9 GW et +5 GW, fast track 700-2 000 MW, 94 Md€ d'ici 2040).
- CRE — délibération n° 2026-32 du 4 février 2026 (procédure de raccordement, 42 000 €, 1 000 €/MW, maîtrise foncière, plafond de 20 %, échéance du 1er octobre 2026).
- Utility Dive, 5 août 2026 — 474 GW en file d'attente, audit demandé par le gouverneur Abbott, report du Batch Zero par ERCOT.
- Reuters, 1er septembre 2026 — plus de 700 GW de demandes aux États-Unis, Exelon −40 %, AEP Ohio divisé par plus de deux.
- EDF, communiqué du 30 mai 2026 — SoftBank attributaire pressenti pour 400 MW à Bouchain, phase de due diligence.
- SoftBank Group, 31 mai 2026 — 5 GW de capacité en France, première phase de 3,1 GW en Hauts-de-France.
- Techniques de l'Ingénieur, 6 mars 2026 — délais de raccordement comparés (France, Francfort, Londres, Irlande).
- ECOinfos, 18 juin 2026 — 28,6 GW recherchés, premier contrat fast track signé en janvier 2026 avec Campus IA à Fouju.
- Sciences & Démocratie, 6 juillet 2026 — lecture critique de l'écart entre puissance réservée et puissance consommée.
À lire également sur Synapse
- Data centers d'IA : Anthropic promet de payer les hausses de facture d'électricité qu'il provoque, en France c'est le tarif commun qui paie
- SoftBank : 45 milliards d'euros de data centers d'IA à Dunkerque, Bosquel et Bouchain
- Data centers en Hauts-de-France : les emplois et les formations derrière les 45 milliards
- Data4 à Cambrai : l'eau des data centers d'IA, un débat picard
- Gigafactories d'IA : l'appel d'offres européen et la candidature AION en Hauts-de-France
- Pasqal cotée au Nasdaq : une opération qui pèse autant que toutes les levées de fonds des Hauts-de-France en 2025